Un temps pour tout
Cette expression est intéressante, car elle reflète me semble t-il une bonne posture. Plutôt que de tenter de le gérer en vain, que décidons nous d’en faire, de ce temps qui passe innéluctablement.
Le temps est partout et il encadre tout ce que nous avons à faire. Il est donc un allier précieux s’il nous aide à faire des choix et à nous organiser. Cette posture est encore plus importante dans un monde de l’immédiateté et où tout s’accélère.
Il y a quelques années, une promotion de facilitateurs de l’intelligence collective où j’enseignais avait choisi pour thème de leur journée : « l’important n’est pas le temps que nous avons mais ce que nous décisons d’en faire ensemble ». Tout est dit !
S’occuper du temps
J’ai toujours été marqué par les vives réactions que pouvait susciter la fonction de gardien du temps dans les collectifs, car elle souvent ressentie comme une forme de pression. Et pourtant, combien de réunions trainent en longueur, avec des débats sans fin et sans issue. Combien de frustrations. Quel dommage alors que le besoin de coopération est majeur !
C’est pourquoi, imposer un gardien du temps et le nommer explicitement est extrêmement important. Il faut en préciser le sens avant de décrire comment procéder et quoi faire. Ce rôle majeur a pour finalité de dynamiser le collectif et de stimuler la particpation et la responsabilité de tous. C’est donc beaucoup plus qu’uniquement respecter un horaire.
Le gardien du temps ne le décide pas, il va s’appuyer sur le facilitateur et donnera à voix haute, le temps qui passe (ou plutot celui qui reste), puis annoncera quand il est écoulé, sans commentaire ni décision à prendre. C’est le facilitateur, en lien avec le leader voir le groupe, qui décidera de ce qui se passe ensuite.
C’est donc une libération pour tous d’avoir ce rôle dans un groupe et non pas une pression. Essayez, vous verrez ça change tout ! Il permet aussi à chacun de réfléchir avant de parler et d’être conscis et précis. C’est aussi un partage efficace des rôles. Le facilitateur n’a pas forcément à tout faire, il peut être aidé et c’est aidant pour tous.
Prendre le temps
Il y a mille façon de le faire et c’est véritablement un impératif, que ce soit dans les moments collectifs ou individuellement.
Dans un entretien ou une réunion, voilà quelques propositions :
- S’accueillir et se mettre en lien, ne pas rentrer tout de suite sur l’ordre du jour
- Partager autour du thème avant de construire des options ou solutions. C’est l’occcasion de se caller, de s’enrichir, de s’ouvrir à de nouvelles représentations
- Initier un temps de silence lors d’une tension, juste pour souffler ou laisser emerger quelquechose, pour réfléchir seul et au calme, etc.
- Imposer une pause
- Prévoir en fin de réunion de faire le point sur ce qui a été partagé, décidé et vécu puis conclure : c’est quoi la prochaine étape ?
Il est aussi temps de prendre le temps pour soi. C’est vrai avec les vacances d’été qui débutent mais aussi tout au long de l’année. L’occasion de faire le point, de se questionner après quoi on court, de laisser le cerveau se reposer, de se déconnecter de l’extérieur et se reconnecter à soi. C’est aussi l’occasion de ne rien faire et souvent au final de faire quelque chose. Les grands penseurs, créateurs et innovateurs étaient ils toujours pressés ?
Serait il possible de ritualiser un temps dans la journée ou à minima chaque semaine, pour se déconnecter et ne rien faire, en chassant toutes les pensées qui arrivent. Celà parait primordial, une hygiène de vie. C’est aussi un véritable cadeau à soi même. L’occasion de savourer la vie, avec nos joies et nos peines.
